Fixations Vertébrales

La colonne vertébrale peut être stabilisée de différentes manières. Généralement, le problème lors de ces gestes est que les vertèbres ont une taille relativement petite avec une structure osseuse qui est parfois fragile alors qu’elles subissent des contraintes importantes. Les implants de stabilisation doivent donc avoir une taille réduite, doivent pouvoir être placées de telle manière que leurs fixations soient optimales sans toutefois gêner les éléments neurologiques. Il est également important que les éléments de fixation puissent être retirés si besoin.

Plusieurs méthodes de fixations sont possibles :

La vis pédiculaires est mise en place pour fixer la colonne vertébrale à travers les pédicules vertébraux.

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Son utilisation nécessite expérience et précision. L’avantage est la grande solidité qu’elle procure, son désavantage est la difficulté d’exécution technique. A cause de ces difficultés, il est relativement fréquent que les vis soient mal positionnées. Une position trop externe de la vis aura la conséquence d’un affaiblissement de sa capacité de stabilisation. Si la vis est trop interne, elle peut représenter un conflit avec les éléments neurologiques et peut provoquer des paralysies ou des douleurs. Une vis trop longue peut gêner les éléments vasculaires et doit donc être retirée et remplacée.

Les crochets vertébraux. Ces crochets accrochent la colonne vertébrale au niveau des lames, peuvent être positionnés au dessus (crochet sus-laminaire), au dessous, au niveau de la lame105-1-3 (crochet sous-laminaire) ou au niveau des pédicules (crochet pédiculaire). L’avantage de ce type de fixation est la souplesse facilitée de réalisation avec des dangers d’insertion plus limités qu’avec les vis pédiculaires. Leurs utilisations sont adaptées à la stabilisation des scolioses ou certaines lésions de fracture thoraciques. Elles peuvent également avoir des avantages dans la stabilisation des colonnes vertébrales ostéoporotiques où les vis n’ont pas toujours la solidité souhaitée dans un tel milieu. L’utilisation des crochets peut être avantageuse dans les fractures thoraco-lombaires étant associées à des vis pédiculaires. Image C

Une stabilisation par fil métallique ou élastique passant sous la lame est également possible, néanmoins ce type de fixation est moins souvent utilisé actuellement.

Les éléments de fixation de stabilisation des vertèbres peuvent être reliés en utilisant des tigesmétalliques où la fixation peut être réalisée avec des plaques. Les ostéosynthèses sont fabriquées de l’acier inoxydable ou plus fréquemment du titane. L’avantage du titane est qu’il perturbe moins la réalisation de l’IRM. Ainsi, elle facilite les possibilités de diagnostic, même après l’intervention.

Greffe osseuse

La greffe osseuse consiste à mettre en place des fragments osseux en contact avec la surface osseuse de deux os pour obtenir une consolidation. Elle favorise le développement d’un cal osseux qui peut relier les vertèbres et obtenir une consolidation La greffe autologue consiste à utiliser l’os du patient, l’avantage est qu’elle contient, en dehors la structure osseuse, des cellules qui aident la formation du cal.

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La résection osseuse lors de la réalisation d’une décompression peut servir de greffe autologue puisqu’elle provient du patient lui-même. Une greffe osseuse peut être prélevée également sur un endroit différent, le plus souvent sur la crête iliaque, ce qui permet de disposer de l’os avec des caractéristiques mécaniques et surtout biologiques optimales. Le désavantage de la greffe prélevée sur la crête iliaque est que ce geste a tendance à provoquer des douleurs. C’est une des raisons pour laquelle des recherches importantes sont entreprises pour obtenir une matière de greffe suffisamment performante pour que la prise de greffe ne soit pas nécessaire à pratiquer sur d’autres zones.

Une des méthodes consiste à utiliser une greffe osseuse provenant d’une banque d’os. Dans ce cas, la greffe provient d’un patient différent, comme c’est le cas de la résection des têtes fémorales lors des opérations de prothèse de hanche. Un procédé permet de retirer toute matière organique pour assurer une matrice osseuse parfaitement inerte de point de vue biologique avec des caractéristiques mécaniques favorables. Pour y associer des cellules, la moelle osseuse du patient peut être prélevée avec une seringue au niveau de la crête iliaque et mélangé avec elle. L ‘association de ces deux matières combinée à l’autogreffe peut suffire pour la plupart des situations.

Une greffe complètement synthétique développée à partir de l’hydroxyapatite, un des composant de l’os, est également de plus en plus utilisée. Néanmoins, ce type de greffe n’a pas l’efficacité biologique pour pouvoir être utilisée seule et, la plupart du temps, elle est mélangée à la moelle osseuse du patient obtenu par aspiration sur la crête iliaque. Cette mélange peut servir pour être associée à l’autogreffe.

Plus récemment, des substances biologiques ont été isolées, capables de provoquer une consolidation osseuse telle que des “Bone Morphogénétique Proteins”. Ces substances sont utilisées par exemple dans l’espace intervertébral avec ou sans autogreffe associée.